
C'est l'une des dernières mesures du Portugal pour attirer les travailleurs étrangers. Mercredi dernier, le gouvernement lance un nouveau visa de «Ìýrecherche de travailÌý». Le marché du travail portugais se remet peu à peu des conséquences de la Covid, mais doit faire face à une inflation inquiétante (plus de 8%) et une pénurie de main-d'Å“uvre.Ìý
Le Portugal mise sur ce nouveau visa, ouvert à tous, pour réformer sa politique d'immigration. Quelles sont les conditions de ce nouveau visaÌý? Permettra-t-il de dynamiser l'économie portugaiseÌý?
Nouveau visa pour chercher du travail au PortugalÌý: les conditions
Mercredi 15 juin, Ana Catarina Mendes, ministre des Affaires étrangères et parlementaires, annonce l'entrée en vigueur d'un nouveau visaÌý: le visa de recherche de travail. L'enjeu est de tailleÌý: promouvoir une «Ìýmigration sûre, ordonner et réglementéeÌý» et lutter «Ìýcontre la pénurie de main-d'Å“uvreÌý», pour reprendre les mots de la ministre.Ìý
À qui s'adresse ce visaÌý? À tout le monde, et c'est sa grande particularité. Il n'est pas limité géographiquement, mais concerne tous les ressortissants étrangers venant «Ìýchercher un travail de 120 jours, pouvant être prolongéÌý60 jours supplémentaires, pour un total de 180 jours.Ìý» Les conditions pour l'obtenir sont donc très précises. Les étrangers souhaitant trouver un travail au Portugal pourront rester sur le territoire 6 mois maximum. Ce visa de recherche de travail n'est pas un visa de longue durée, mais bien un visa court, visant à renforcer les secteurs ponctuellement en crise, comme le tourisme ou l'agriculture.Ìý
Quels sont les secteurs sous tension et pénuries de main-d'Å“uvreÌýau Portugal ?
Avec ce nouveau visa, le tourisme, la restauration et l'agriculture, (les trois gros employeurs d'expatriés saisonniers), espèrent sauver leur saison estivale. Les salariés de la période pré-Covid ne reviennent pas, malgré les promesses des employeurs. Conscients que les quelque 700 euros mensuels sont loin d'être un salaire attractif, ils proposent un hébergement gratuit (ou en partie) et des primes. Mais cela ne suffit pas à faire revenir la main-d'Å“uvre. Rien que dans le secteur touristique, il manque plus de 50Ìý000 travailleurs. Côté gouvernement, on espère faire reculer l'immigration illégale avec ce visa.
Les associations de défense des droits de l'homme pressent les autorités de protéger davantage ces travailleurs, plus exposés que les autres à la traite d'êtres humains. Le milieu agricole, gros demandeur en main-d'œuvre au printemps et en été, pour la cueillette des fruits et légumes, est particulièrement visé. Les étrangers, meilleur marché que la main-d'œuvre locale, contribuent à rendre les exploitations agricoles portugaises plus compétitives. En parallèle, le secteur agricole portugais ne cesse de croître, poussé par une demande européenne elle aussi en hausse.
Le Groupe d'experts sur la lutte contre la traite des êtres humains (GRETA) met la pression pour que le gouvernement portugais protège davantage ces travailleurs étrangers, surtout s'ils sont demandeurs d'asile. Le gouvernement, lui, table sur ce nouveau visa (qui supprime la politique de quotas en vigueur jusqu'alors) pour favoriser une immigration légale, répondant aux besoins de l'offre. Les autorités assurent tout mettre en œuvre pour protéger les travailleurs étrangers saisonniers, sans toutefois indiquer quels moyens seront déployés pour assurer cette protection.



















