Bonjour,
Je viens de tomber par hasard sur cette conversation,et étant moi aussi issue de métropole et ayant des enfants "dys" - praxiques, je viens rajouter mon petit grain de sel… Tout d'abord, c'est très gentil de la part des autres membres de répondre et d'essayer d'aider en fonction de leurs connaissances et expériences sur le territoire, c'est toujours précieux pour ceux qui arrivent, donc merci mille fois !
Je voulais préciser que les troubles "dys" ne sont jamais "légers", ce sont des handicaps INVISIBLES, c'est-à -dire qu'ils entraînent des problèmes dans la vie quotidienne et en particulier à l'école que les enfants (ou adultes d'ailleurs aussi) tentent de contourner ou de compenser en permanence…Même si cela ne se voit pas ! Il en résulte une fatigue et une fatigabilité redoutable, et méconnue par l'entourage.
Donc, oui il s'agit d'un handicap, et à ce mot, il n'est pas approprié de rajouter "léger", mais "invisible" pour une meilleure compréhension de ce que vivent nos enfants au quotidien, qui est lourd et solitaire si l'entourage n'en prend pas conscience.
L'autre remarque est que la dyslexie comme les autres "dys" ne guérissent jamais, il faut faire avec, ou autour… C'est la définition même du handicap.
Pour ce qui est de la reconnaissance de handicap, il faut savoir qu'en France, la prise en charge est très variable, déjà elle est différente d'une MDPH à l'autre. Les MDPH sont des organismes mis en place par le gouvernement français pour simplement faire appliquer la Loi… En particulier celle du 11 février 2005 "pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées"(qui a cours en Nouvelle Calédonie, mais différemment). Oui, les lois existent, mais les faire appliquer reste toujours un exercice compliqué, alors on met en place des organismes qui vont statuer sur la prise en charge …ou non… des personnes handicapées, au cas par cas. Évidemment on est pas obligés de passer par les MDPH, mais alors les aménagements nécessaires à nos enfants seront appliqués en fonction du bon vouloir du chef d'établissement et des professeurs… Et là , c'est le parcours du combattant à chaque rentrée !
C'est un autre débat.
Ensuite, toujours en métropole, il faut savoir que dans certains départements, la reconnaissance n'est valide qu'à un taux de 50%, en dessous duquel, il n'y a pas de reconnaissance. Explication : un taux de 50% débloque systématiquement le droit à une allocation pour enfant handicapé (qui soit dit entre nous est bien utile quand l'usage d'un ordinateur et d'autres aménagements onéreux sont préconisés).
Résultat, la plupart des "dys" ont un handicap qui va être évalué en dessous de ce taux d'incapacité, et ne sont donc pas reconnus, simple et de bon goût. C'est peut-être de là que vient l'idée que les troubles "dys" ne nécessitent pas de dossier MDPH.
Donc je reviens à ce que je disais," pas de bras pas de chocolat", pas de reconnaissance… il faut faire, à chaque rentrée scolaire, le siège des chefs d'établissement pour obtenir des aménagements, avec parfois un échec retentissant et un enfant au milieu de tout cela qui souffre en silence et ne pourra bénéficier d'une scolarité sereine, ²¹»å²¹±è³Ùée à ses difficultés afin qu'il puisse rendre le même travail que ses camarade, mais par des voies différentes.
C'est le vécu de notre petite famille, je ne vous le souhaite pas.
Les gens sont très partagés sur cette reconnaissance par la MDPH ou le CEJH (qui reconnait des taux de handicap inférieurs à 50%, c'est un plus) ici, mais l'avantage que j'y vois est que l'on a plus à se soucier, à chaque rentrée, de savoir si le trouble "dys" va être pris en compte, mais simplement de savoir comment il va se gérer, et croyez-moi c'est déjà un gros travail suivant l'établissement. C'est un facteur stress en moins pour nos enfants, et c'est un combat de moins à mener chaque année…Ça compte dans l'épanouissement des familles !
Alors oui, je vous recommande de faire un dossier auprès de la CEJH, avec un bilan orthophonique, l'avis d'un médecin référent si possible (voir le CHS de Nouville, et il existe maintenant au moins un pédiatre spécialisé dans les troubles dys en libéral proche de Nouméa).
Le petit moins c'est que les professionnels de santé spécialisés dans ce domaine ne sont pas nombreux sur le territoire mais ils sont concentrés sur la province sud, Nouméa en particulier.
Le petit plus, c'est qu'il y a des orthophonistes en nombre important par rapport aux autres spécialités actrices dans les troubles dys.
Pour info, il y a une association qui vient juste de voir le jour ici : DYS.NC. Vous pouvez les contacter par mail : assodys.nc@gmail.com
Cette association est en cours de construction, si l'on peut dire, et donc pas encore très fonctionnelle pour le moment, mais vous trouverez sans doute avec elle des pistes de prises en charge spécifiques à la Nouvelle Calédonie.
Voilà , j'ai été un peu longue, mais ces précisions me paraissaient importantes.
Je me rends compte que votre post date déjà … Peut-être avez-vous trouvé des solutions satisfaisantes depuis ? C'est ce que je vous souhaite à votre fille et à vous.
Bien amicalement.