
Selon un récent article publié dans la presse néerlandaise, 171 000 ressortissants étrangers se sont installés aux Pays-Bas en 2020. Ce qui représente une baisse de 44 000 personnes par rapport à 2019, soit la période pré pandémique. Il est toutefois intéressant de noter que même si la pandémie a freiné la tendance de manière significative, elle est loin d’y avoir mis un terme.
Parmi les ressortissants étrangers ayant posé leurs valises aux Pays-Bas en 2020, on compte une grande majorité de personnes, soit quelque 108 000, provenant des pays de l'Union européenne et de l'Association européenne de libre-échange, notamment des Suisses et des Norvégiens, entre autres. Les 61 000 restants provenaient de pays tiers. Néanmoins, la plupart d'entre eux ont déménagé soit pour les études ou pour des raisons professionnelles.
La donne est plutôt similaire dans le reste des pays d'Europe. Selon les observations de la Commission européenne, en moyenne 13% des personnes ayant déménagé au sein de l'UE pendant la pandémie sont des travailleurs essentiels. En effet, face à la pénurie de main-d'œuvre dans des secteurs jugés essentiels, de nombreux pays ont ouvert la voie aux professionnels étrangers ayant les compétences requises d'urgence par leurs marchés du travail, qu'ils proviennent de pays de l'UE ou de pays tiers.
La Commission européenne fait toutefois ressortir qu'au moins un tiers des travailleurs étrangers ayant déménagé au sein de l'UE pendant l'année écoulée exercent des professions peu qualifiées. Parmi eux, on compte des laboureurs dans les domaines de la construction et de l'exploitation minière, entre autres. En effet, plusieurs pays de l'UE disposent de programmes d'immigration spécifiques aux travailleurs peu qualifiés, compte tenu de leur importante contribution à leurs économies. En effet, que ce soit dans les secteurs de la santé, du transport, ou encore, de la transformation alimentaire, les travailleurs étrangers peu qualifiés semblent être indispensables.
Cependant, le flux migratoire au sein de l'UE pendant la pandémie est déterminé par plein d'autres facteurs. En effet, il ne s'agit pas seulement de professionnels qualifiés et peu qualifiés mais aussi de victimes de crises dans d'autres pays. En effet, la pandémie de COVID-19 a entraîné plusieurs crises, notamment la contraction économique, des crises sociales et politiques, sans oublier la crise alimentaire dans certains pays. Certes, la fermeture des frontières et l'annulation des vols ont joué un rôle important dans la baisse du nombre d'arrivées dans l'ensemble de l'Europe. Mais la pénurie de main-d'œuvre dans des secteurs clés a encouragé plusieurs pays de l'UE à mettre en place des stratégies visant à faciliter l'entrée des ressortissants de l'UE et des pays hors UE dont les compétences sont indispensables.
Évaluant les besoins des différents secteurs clés, des pays comme l'Italie et la Grèce ont choisi d'assouplir les exigences en matière d'entrée et de quarantaine jusqu'à la fin de 2020. Et il n'y a pas eu de changement significatif depuis le début de cette année malgré la progression de la pandémie sur leurs territoires respectifs. Aujourd'hui, avec la réouverture des frontières et l'assouplissement des restrictions d'entrée, les pays de l'UE faisant face à une pénurie de main-d'œuvre continuent d'accueillir des professionnels étrangers à différents niveaux de compétences afin de favoriser une reprise économique.
Les ressortissants étrangers au sein de l'UE
Selon le site de la Commission européenne, près de 23 millions des personnes qui vivaient au sein de l'UE en 2020 sont d'origine étrangère. Ce qui représente 5,1% de la population de 447,3 millions de l'UE. Il est également intéressant de noter que 8,2% d'entre eux, soit quelque 37 millions de personnes, étaient nés en dehors de l'UE. D'autre part, la Commission européenne fait état de 8,7 millions de ressortissants étrangers en provenance des pays tiers au sein du marché du travail européen en 2020, ce qui représente 4,6% du total de 188,9 millions de la population active. Cependant, on peut témoigner d'une hausse par rapport à 2019, selon les derniers chiffres d'Eurostat. En effet, l'UE comptait, en 2019, quelque 20,2 millions de citoyens non européens. La même année, 14,1 millions des résidents de l'UE avaient la nationalité d'un autre État membre.
L'Allemagne est le pays qui se taille la part du lion, comme tous les ans, grâce à ses politiques migratoires avantageuses, suivi de l'Italie, de la France et de l'Espagne. Il n'empêche que le Luxembourg reste le pays ayant la plus forte proportion de ressortissants étrangers. Ils représentent d'ailleurs près de la moitié de la population du pays en 2020. Si 7,4% de la population française est d'origine étrangère, la Pologne et la Roumanie, par exemple, n'en comptaient qu'environ 0,7%.
L'Europe reste la destination de prédilection des expatriés
De nombreux rapports publiés ces derniers mois font état de plusieurs pays d'Europe comme étant les meilleures destinations pour les expatriés, particulièrement les professionnels étrangers, en 2021, et ce malgré la crise sanitaire. Une récente étude réalisée par le cabinet Black Tower FM, par exemple, classe la Suisse, le Danemark, l'Islande, la Norvège, ainsi que la Finlande et les Pays-Bas en tête de liste pour plusieurs raisons. Parmi ces raisons, on constate non seulement les salaires moyens proposés aux expatriés mais aussi d'autres éléments comme l'abordabilité des prix immobiliers, le coût de la vie, le niveau du système de santé, sans oublier l'indice de bonheur et la paix et la sécurité de manière générale. Rappelons aussi qu'il s'agit de pays qui ont été loués par tant d'autres pour leur façon de gérer la pandémie de COVID-19, avec des taux d'infection et de mortalité relativement inférieurs par rapport à d'autres pays d'Europe ou d'ailleurs.
A mesure que les pays d'Europe rouvrent leurs frontières, particulièrement aux personnes vaccinées, elles sont nombreuses à remettre leurs projets d'expatriation sur le tapis. Des projets qui ont été rangés dans les tiroirs pendant trop longtemps pour certaines d'entre elles, malgré la cacophonie en matière de reconnaissance de vaccins au sein de l'UE. Les prochains mois devraient être déterminants, à mesure que l'Agence européenne du médicament homologue les vaccins contre la COVID-19 administrés à l'étranger. Une évolution qui devrait avoir un impact non seulement sur l'expatriation en Europe mais aussi sur les retours d'expatriation. Â



















