
2,5 millions. C'est le nombre estimé de ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ résidant à l'étranger en 2022. Parmi eux, 1 614 772 sont inscrits au registre des ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ établis hors de France. L'inscription facultative explique en grande partie l'écart entre les deux chiffres. Beaucoup de ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ ne s'inscrivent pas, mettent fin à leur réinscription ou ne la renouvellent pas. 2017 marque cependant une rupture, avec un boom des inscriptions. C'est l'année de l'élection présidentielle et des législatives. Les ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ de l'étranger votent massivement pour le candidat Macron, opposé à le Pen. Après 2017, le nombre des inscrits baisse à nouveau, mais pas celui des résidants à l'étranger. Comment interpréter cette évolution ? La crise sanitaire a-t-elle impacté l'immigration des ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ à l'étranger ?
¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ de l'étranger : quelle évolution ces dix dernières années ?
2010. La tendance se confirme. Depuis les années 2000, le nombre de ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ de l'étranger augmente d'environ 3 à 4 % par an. Mais l'on ne parle ici que de ceux inscrits au registre des ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ de l'étranger. Ils sont 1 504 001 au 31 décembre 2010. Le ministère des Affaires étrangères reconnaît que ce chiffre est incomplet. Pour lui, « la population totale française à l'étranger est estimée à plus de deux millions de ressortissants ». Plus de 2 000 000. On approche des 2 500 000 de 2022. La moitié d'entre eux (50%) vit dans un pays membre de l'Union européenne (UE). 20 % ont immigré aux Amériques, 15 % en Afrique. 9 % des ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ résident à Jérusalem, aux Émirats arabes unis ou en Arabie saoudite (Proche et Moyen-Orient). Un chiffre en progression régulière. L'immigration en Asie et en Océanie (principalement la Chine, Singapour et la Thaïlande) suit la même tendance. 7 % des ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ de l'étranger résident dans ces territoires.
En 2015, l'augmentation du nombre de ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ à l'étranger se confirme. Mais avec net ralentissement. Le nombre d'inscrits sur le registre des ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ de l'étranger n'augmente que d'1,8 %, cassant le rythme observé les années précédentes. Le ministère des Affaires étrangères comptabilise 2 à 2,5 millions de ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ immigrés à l'étranger. La majorité d'entre eux – 49,4% – vit toujours en Europe (pays de l'UE et hors UE). Même tendance aux Amériques, avec très légère baisse du nombre de ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ : 19,7%, contre 20% en 2010. 8,1% des ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ vivent au Proche et Moyen-Orient, 8% en Asie-Océanie. Le nombre de ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ immigré en Afrique est quasi stable (14,9%). Finalement, le nombre estimé de ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ résidant à l'étranger reste plutôt stable. Les 2 à 2,5 millions d'individus comptabilisés en 2015, 2,5 millions en 2022. Si les variations sont nettement visibles en termes d'inscriptions sur les registres, elles semblent bien plus difficiles à évaluer en termes de nombre d'individus.
Impact de la Covid sur l'émigration des ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ
En 2022, on compte environ 2,5 millions de ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ résidant à l'étranger. Le nombre d'inscrits au registre des ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ de l'étranger subit une nouvelle baisse : -4,2% par rapport à 2021 (1 685 638 inscrits en 2021, 1 614 772 en 2022). Il convient de rappeler que l'inscription est facultative. La baisse constatée au global ne se retrouve pas dans certaines régions. Au Mexique, au Qatar, aux Émirats arabes unis ou dans les pays baltes (Lituanie, Lettonie, Estonie), le nombre de ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ inscrits sur le registre des ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ de l'étranger a augmenté. La Covid semble cependant avoir joué un rôle non négligeable dans la baisse globale des inscriptions. En 2022, la majorité des ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ – 49,0% – vit toujours en Europe (UE et hors UE). Malgré la crise sanitaire, le chiffre reste sensiblement le même qu'en 2010. Même stabilité aux Amériques (19,1%). L'Afrique du Nord et le Moyen-Orient comptent 15,3% de ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ. Ils sont 8% en Afrique subsaharienne et dans l'océan Indien. Le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, aux commandes de cette étude, fait ici un découpage sensiblement différent que pour les enquêtes précédentes. Les chiffres de l'Asie-Océanie sont eux aussi stables (7,8% de ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ). En un peu plus de 10 ans, on observe donc aucun changement majeur, ni dans le nombre de ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ résidant à l'étranger ni dans leur répartition.
Y a-t-il tout de même un effet Covid ? Au tout début de la pandémie, en mars 2020, le gouvernement bataille pour rapatrier les ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ coincés à l'étranger. Mais il n'est question que des touristes et autres ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ de passage. La consigne pour les ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ immigrés à l'étranger est tout autre. Jean-Yves le Drian, ministre des Affaires étrangères, estime alors leur nombre entre 3 et 3,5 millions de personnes. « Il faut qu'ils suivent les mêmes mesures et préconisations qu'en France : se confiner, éviter les contacts, éviter de voyager, suivre les mêmes normes pour passer ce moment difficile […] La logique vaut pour tout le monde. Il faut rester chez soi, puisque ces résidents ont leur chez eux. » Le ministre s'attend cependant à un certain nombre de retours dès que la situation sanitaire le permettra. Il organise lui-même le retour des ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ les plus exposés à la crise, notamment les pvtistes.
Depuis les réouvertures progressives des frontières, les projets d'expatriation refont surface. Mais la donne a changé. La France multiplie les campagnes pour retenir ses talents, dès l'université. La perspective d'un nouveau confinement dur fait également repenser les projets de vie à l'étranger. Si les immigrés actuels, installés dans leur pays d'accueil depuis plusieurs années, sont nombreux à ne pas avoir changé d'optique avec la pandémie, les candidats à l'expatriation, eux, intègrent cette donnée dans leur projet. D'où la relative stabilité du nombre de ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ à l'étranger, voire, d'une légère baisse à la marge. Les pays étrangers, eux, multiplient les programmes pour attirer de nouveaux expatriés. Le Canada reste l'un des pays plébiscités par les candidats au départ. La Suisse tire aussi son épingle du jeu, de même que les nouveaux Eldorados des nomades numériques, comme le Mexique ou le Brésil.


















