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¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ de l'étranger : quelles sont leurs priorités et leurs attentes ?

ambassade de France
hurricanehank / Shutterstock.com
Écrit parAsaël Häzaqle 09 Mars 2022

Comment se portent les ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ de l'étranger ? L'Observatoire de l'expatriation rend son rapport annuel. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, la résilience et l'optimisme semblent conduire la plupart des personnes consultées. La Covid-19 et toutes ses répercussions économiques et sociales ont tout de même eu un impact sur la perception même de l'expatriation. Mais, là encore, les surprises sont de taille, surtout lorsqu'elles sont mises en parallèle avec les positions des ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ vivant sur le territoire. Décryptage.

10070 ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ de l'étranger ont participé à la 3e édition de l'Observatoire de l'expatriation, étude annuelle menée par la Banque transatlantique, en partenariat avec OpinionWay, avec la participation de l'Union des ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ de l'étranger. Première donnée saluée par Vincent Joulia (membre du directoire de la Banque Transatlantique) et Frédéric Micheau, directeur général adjoint d'OpinionWay : le taux de participation, en augmentation, et qui passe au-dessus de la barre symbolique des 10 000 participants. Des participants actifs (2/3 des répondants), majoritairement salariés du privé (37%). Les retraités ont aussi été nombreux à répondre à l'étude (27%). La consultation des ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ de l'étranger a eu lieu du 5 au 16 janvier 2022, presque au même moment que celle d'un échantillon représentatif de la population française sur le territoire.

L'expatriation fait-elle toujours rêver ?

Les dernières estimations du nombre de ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ de l'étranger restent stables, avec environ 2,5 millions d'immigrés. Parmi eux, les répondants à l'enquête de l'Observatoire de l'expatriation sont largement satisfaits de leur situation actuelle (90%). La crise sanitaire semble avoir, d'un côté, décuplé la motivation des candidats à l'expatriation, de l'autre, renforcé l'attachement des ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ de l'étranger à leur pays d'accueil, tout en resserrant leurs liens avec la France. La pandémie marque un tournant dans l'histoire du monde. Le premier confinement reste dans toutes les mémoires : fermeture brutale des frontières, obligation de rester chez soi... « Chez soi », pour les ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ expatriés, c'est dans le pays étranger, comme le rappelle à l'époque Jean-Yves le Drian, ministre des Affaires étrangères : « Il faut que les ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ de l'étranger suivent les mêmes mesures et préconisations qu'en France : se confiner, éviter les contacts, éviter de voyager, suivre les mêmes normes pour passer ce moment difficile […] La logique vaut pour tout le monde. Il faut rester chez soi, puisque ces résidents ont leur chez eux. »

Rester chez soi, donc, et repenser son plan de vie. Résidante en Espagne avec sa famille, Luce en a profité pour faire le bilan : « J'ai listé tout ce que j'avais pour mettre en valeur l'essentiel : ma famille. J'ai redécouvert mon quartier, ma maison ! Mon jardin ! C'était comme si j'avais un palace. » Beaucoup, comme Luce, se sont réapproprié la définition même de l'expatriation. La vision des « golden expat » n'a plus lieu d'être depuis longtemps. Immigrés dans le pays qu'ils ont choisi, les ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ de l'étranger parlent davantage d'un mode de vie en phase avec leurs valeurs. Si l'argent a, bien entendu, sa place, il ne motive pas à lui seul une expatriation. La distance, en revanche, joue un plus grand rôle encore depuis la Covid.

Partir, oui, mais près de chez soi

L'expatriation intra-continent reste plébiscitée par la moitié des ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ consultés par l'Observatoire. 50% d'entre eux ont ainsi opté pour une immigration en Europe. 22% vivent aux Amériques, 14% en Asie et au Moyen-Orient, 9% en Afrique, et 2% en Océanie. Des chiffres qui se vérifient au niveau mondial. L'engouement pour l'expatriation en Europe s'explique principalement par la proximité géographique. C'est encore plus vrai depuis la pandémie. Le confinement a laissé des traumatismes chez nombre de familles. Partir en Europe permet de rester proche des siens. Choisir un pays de l'UE offre aussi des avantages pratiques : visa non nécessaire, liberté de circulation…

Seule une minorité de sondés envisage de revenir en France (16%). Un chiffre en légère hausse, imputable à la pandémie : les candidats au retour le font principalement pour retrouver leur famille. Viennent ensuite les futurs retraités, désireux de passer leur retraite en France. Les autres candidats au retour veulent améliorer leurs conditions de vie. On peut, là encore, voir une conséquence de la crise sanitaire. Perte d'emploi, baisse du pouvoir d'achat… Beaucoup de ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ de l'étranger ont été mis en difficulté. La grande majorité (74%) compte cependant rester dans son pays d'accueil, ou ne pense pas à un éventuel changement de pays. 10% indiquent vouloir changer de pays.

Satisfaits de leur vie à l'étranger, les ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ consultés s'installent durablement dans leur pays d'accueil : 20 ans en moyenne. Là encore, on est loin de la vision stéréotypée de l'expatrié accumulant les séjours à court terme. Il convient davantage de parler d'immigration durable des ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ dans leur pays d'accueil.

Des ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ de l'étranger plus intéressés par la politique ? 

Pour les ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ de métropole et d'outre-mer, la campagne présidentielle est inaudible ou presque. A peine un peu plus de la moitié (56%) s'y intéressent. C'est 78% chez les ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ de l'étranger consultés par l'étude. 82% affirment même qu'ils iront voter aux deux tours. Ces chiffres confirment l'intérêt plus marqué des ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ de l'étranger pour la politique française. Les élections présidentielles de 2017 restent dans toutes les mémoires, surtout celles de La république en marche (LaREM) qui a vu son candidat Emmanuel Macron plébiscité par les ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ de l'étranger (plus de 80% des voix au second tour). Loin de la France, les ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ de l'étranger se sentent paradoxalement plus proches de leur pays. Voter est, pour eux, une preuve de leur appartenance à l'État français.

L'actualité riche, et la menace d'un retour de l'extrême droite au second tour (comme au 2017), peut expliquer l'intérêt massif des ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ de l'étranger pour la présidentielle. La nature de l'élection elle-même fait gonfler ce chiffre, la présidentielle étant la plus importante des élections. 86% des ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ de l'étranger consultés suivent l'actualité via la presse nationale française. C'est 8 points de plus qu'en 2020. Un peu plus de la moitié (53%) opte pour les médias locaux ; un chiffre, lui aussi en hausse (9 points). 46% optent pour les réseaux sociaux (+11 points).

Ce qu'attendent les ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ de l'étranger

La grande majorité des ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ de l'étranger interrogés (86%) se sentent oubliés par les candidats. Ils sont aussi 86% à estimer qu'ils ne parlent pas assez d'eux. Les ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ de l'étranger ont pourtant des revendications, des attentes, des inquiétudes. 52% souhaiteraient que l'on parle davantage de leur droit à la retraite. 40% se disent préoccupés par les questions fiscales. 40% militent pour une meilleure couverture santé, 36%, pour davantage d'aides pour surmonter les crises économiques et sociales. Là encore, on peut voir un effet pandémie. Si le gouvernement français a mis en place des aides sociales spécifiques pour les ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ de l'étranger touchés par la crise sanitaire, les intéressés disent s'être sentis parfois démunis. Les populations âgées, et/ou vivant dans des zones au système de soins précaire sont particulièrement sensibles à ces questions de santé (47% des personnes âgées, plus 57% des immigrés en Amérique Centrale et du Sud, 58% des immigrés en Afrique).

La question écologique occupe aussi une grande place dans les préoccupations des ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ de l'étranger. 58% des répondants indiquent même qu'elle sera décisive pour leur vote. Développement durable, circuits courts, potagers participatifs… Le premier confinement a redonné toute sa place à la nature. Tout comme les locaux, les ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ de l'étranger se sentent davantage concernés par la protection de l'environnement. Loin d'opposer croissance économique et écologie, ils allient les deux en misant sur des solutions concrètes, comme la consommation locale et la fin des multiples interlocuteurs dans l'agroalimentaire. En plein essor dans de nombreux pays, ce mode de consommation apparaît pour ses défenseurs comme le plus vertueux, pour tous les acteurs : le producteur, le consommateur et la nature.

Ambassadeurs de leur pays à l'étranger, les ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ entendent bien continuer à donner de la voix. Pour la grande majorité, l'immigration est une réussite dont ils parlent à leur entourage. Voyager ouvre l'esprit, sans qu'il faille nécessairement traverser les continents. Les ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ de l'étranger attendent une plus grande reconnaissance, et davantage de facilités dans leurs contacts avec l'administration française. Vivre à l'étranger, oui, mais toujours connecté avec la France.

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A propos de

Rédactrice web spécialisée en actualité politique et socio-économique, Asaël Häzaq observe et décrypte les tendances de la conjoncture internationale. Forte de son expérience d’expatriée au Japon, elle propose conseils et analyses sur la vie d’expatrié : choix du visa, études, recherche d’emploi, vie de travail, apprentissage de la langue, découverte du pays. Titulaire d’un Master II en Droit - Sciences politiques, elle a également expérimenté la vie de nomade numérique.

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