
58,5% pour Emmanuel Macron. 41,4% pour Marine Le Pen. Ce dimanche 24 avril 2022 marque le début du deuxième mandat du président Macron. À 44 ans, le fondateur de La République en Marche (LREM) écrit une nouvelle page de son histoire et de l'histoire française. Mais contrairement à 2017, année de sa première é±ô±ð³¦³Ù¾±´Ç²Ô, le discours se veut plus sobre. L'émulation prend le pouls nouveau de la France. Une France fracturée, divisée, pour qui le vote Macron n'a pas toujours été un vote de cÅ“ur. Conscient des défis qui se présentent devant lui, le président Macron se veut d'être le président de tous les ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ, y compris ceux de l'étranger qui ont voté massivement en sa faveur.
Le choix des ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ de l'étranger
Dimanche dernier, les ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ de l'étranger ont voté massivement pour Emmanuel Macron aux quatre coins du monde, comme en témoignent les 86,14% de votes, soit 458 874 votes. Des votes qui confirment le choix des ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ de l'étranger au premier tour, avec 45,09% des suffrages. Rappelons qu'on compte 1,4 million de ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ inscrits aux listes consulaires dans différents pays. Un taux de participation de 38,62% a été enregistré au second tour comparé à 35,12% au premier tour. Emmanuel Macron a ainsi été plébiscité par 92% des votants aux États-Unis, 89% de ceux en Argentine, ou encore 74,50% des votants à Montréal. En Suisse, où on compte également une forte concentration d'expatriés français, 81,27% étaient en faveur d'Emmanuel Macron. Quant à Marine Le Pen, elle n'a recueilli que 73 830 voix au total, comparé à 26,380 au premier tour. Seuls 13,86% des ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ de l'étranger se sont exprimés en sa faveur.
Victoire du front républicain
Les fervents soutiens du président-candidat et ceux déterminés à faire barrage à l'extrême-droite se sont exprimés. Avec 58,5% des suffrages, Emmanuel Macron est largement réélu à la présidence de la République française. Comme au premier tour, les ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ de l'étranger ont majoritairement voté pour lui. Votes pour Macron ou contre Le Pen qui ont fait l'objet de multiples sondages depuis l'entre-deux tours. Électeurs de gauche, Verts, communistes, Les Républicains… ce sont surtout les électeurs de la France Insoumise (LFI) qui attiraient toutes les spéculations. Surprise du premier tour, Jean-Luc Mélenchon, chef de file de LFI, arrive juste derrière Marine Le Pen, avec 21,95% des suffrages. Il améliore son score de 2017 et se pose comme le candidat pouvant faire basculer la présidentielle.Â
Si ses conseils de vote sont clairs : « Il ne faut pas voter pour Madame Le Pen », les intentions des électeurs sont plus floues. Jusqu'à la veille du scrutin ou presque, 30% des Insoumis indiquaient ne pas savoir pour qui voter, ou être tentés par le vote Le Pen. Finalement, les soutiens de Mélenchon ont majoritairement voté pour Macron (42%). 24% se sont abstenus. 17% ont voté blanc ou nul. 17% ont voté Le Pen (estimation Ipsos-Sopra Steria). Macron a pu compter sur les voix des Insoumis et des partisans de droite et de gauche. On le disait faible et inaudible, mais le front républicain a une nouvelle fois fonctionné. Tous les candidats – à l'exception de Zemmour et Dupont-Aignan – ont appelé à faire barrage à l'extrême-droite en votant Macron.Â
Marine Le Pen : les raisons de l'échec
« Regardez… Ils sont là , dans les campagnes, dans les villes… ». Si l'on a oublié le contexte ou zappé le débat, impossible d'être passé à côté de cette phrase de Marine Le Pen et de l'étrange danse des mains qui l'accompagnât. En 2017, la candidate du Rassemblement National (RN) dispute déjà le fauteuil présidentiel avec Macron. Mais le débat de l'entre-deux-tour est une catastrophe. Le Pen ne convainc pas. 2022, autre époque, même candidats. Le Pen se montre plus « professionnelle » mais ne parvient pas à tenir tête au président-candidat. Un sondage Elabe réalisé pour le journal l'Express et BFMTV montre que pour 59% des téléspectateurs, Macron a gagné le duel.
L'approximation dans le débat d'entre-deux-tours se voit aussi dans la maîtrise des dossiers. C'est une critique récurrente du programme Le Pen. Beaucoup de phrases, peu de chiffres clairs. On lui reproche un discours populiste, taillé pour une frange de la population : les personnes précaires, les habitants des campagnes, les déçus de la république Macron. Le discours Le Pen séduit, y compris en Outre-Mer. La candidate y obtient plus de 50% des voix dans 5 territoires. En 2002, son père peinait à y faire 10%. On comprend mieux les remerciements appuyés de la candidate battue aux citoyens d'Outre-Mer. Dans ces territoires, comme dans les petites villes de France métropolitaine, Marine Le Pen a mené une politique de dédiabolisation du RN, avec succès. Elle a laissé son thème de prédilection, l'immigration, de côté, pour surfer sur la vague des antivax, promettant la fin de la vie chère et des impôts pour les moins de 30 ans. Pas assez cependant pour gagner la présidentielle. En ratissant les régions déjà gagnées à sa cause, Marine Le Pen ne s'est pas confrontée à ses détracteurs. Face à elle, des manifestations anti-RN ont eu lieu un peu partout en France. Sportifs, personnels soignants et artistes se sont aussi mobilisés, rappelant le terreau xénophobe du parti d'extrême-droite, et appelant la population à voter Macron. Ils s'étaient déjà mobilisés en 2002 pour faire barrage à Jean-Marie Le Pen.
« Ce vote m'oblige… » les prochains défis d'Emmanuel Macron
On est loin de 2002. Loin du plébiscite de Chirac. L'extrême-droite n'effraie plus. Les politologues rappellent la réalité derrière les chiffres. L'abstention montante inquiète. 28,2% au second tour, près 3 points de plus qu'en 2017. Même l'é±ô±ð³¦³Ù¾±´Ç²Ô présidentielle ne parvient plus à attirer les foules. Autre phénomène qui inquiète : la montée croissante de l'extrême-droite, y compris dans les territoires que l'on pensait de gauche, comme l'Outre-mer. Conscient des difficultés auxquelles il devra faire face, Macron emprunte les mots de son prédécesseur Jacques Chirac, au soir de sa réé±ô±ð³¦³Ù¾±´Ç²Ô historique face à Le Pen. « Ce vote m'oblige pour les années à venir » dit Macron. « Ce choix m'oblige comme il oblige chaque responsable de notre pays », avait dit Chirac.
Les ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ de l'étranger, eux, en appellent d'ailleurs à davantage de proximité avec l'État, à travers le Consulat et l'Ambassade. Marqués par la crise de la Covid, certains ont eu l'impression d'être oubliés par les pouvoirs français. Ils espèrent que leurs attentes seront davantage prises en compte lors de ce nouveau mandat. Ils rappellent au président que l'urgence économique ne doit pas se faire au détriment de l'urgence climatique. Si les Verts n'ont pas fait de score élevé (crise oblige, pour les analystes), la question environnementale reste cruciale.
Côté immigration, il faut s'attendre à une continuité de la politique actuelle. Macron n'a pas beaucoup communiqué sur le sujet, le sachant potentiellement explosif. Il maintient cependant une vision radicalement différente de la candidate d'extrême-droite. Il y a fort à parier qu'il poursuive son programme « France 2030 », favorisant notamment l'entrée des talents étrangers. La France veut rattraper son retard et devenir aussi attractive que la Suisse, les États-Unis ou le Canada. La question semble cependant toujours vue côté immigration illégale. Macron candidat lui-même ne dévoile l'étendue de ces mesures ciblant l'immigration qualifiée que lors de ces discours dans les cercles dédiés. Une posture à corriger, pour faire valoir aux talents internationaux tout le potentiel de la France, et espérer rivaliser avec les autres États.
Conclusion
Les défis sont grands. Les partis battus tractent déjà pour les législatives qui approchent. Pour le président, l'enjeu est de taille. Aura-t-il la majorité pour mener ses réformes librement, ou devra-t-il composer avec l'opposition ? ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ de l'étranger, expatriés et candidats à l'expatriation scrutent ces premiers temps de second mandat avec attention. Ils se félicitent du maintien du président Macron au pouvoir, tout en restant sur leurs gardes. La France n'a jamais été autant menacée par l'extrême-droite. Un vent qui semble gagner toute l'Europe, et se renforcer durant les crises. Charge à Emmanuel Macron d'être réellement le président de tous les ¹ó°ù²¹²Ôç²¹¾±²õ.Â


















