Comme le minimum, à mon sens, est de répondre à la question que l’on pose, je commencerai donc le premierÂ

.
Après avoir vécu quelques années dans le pays, du fait d’être marié à une brésilienne, d’avoir une fille brésilienne, d’y travailler plus ou moins régulièrement et d’avoir l’envie, peut-être pas d’y vivre en permanence, mais que le µþ°ùé²õ¾±±ô soit mon pays d’attache en Amérique Latine, j’ai pensé assez sérieusement demander la nationalité brésilienne.
Mais, vous savez comment c’estÂ

: on se renseigne plus ou moins; on laisse traîner un peu les choses; l’âge aussi y est pour quelque chose. Bref, des années après, je n’ai plus jamais prêté attention à cette idée. J’ai un visa permanent à validité indeterminée (âge); je ne vois pas trop concrètement ce que cela pourrait changer pour moi. Bien plus jeune, si, je pourrais tenter des concours publics, par exemple, participer plus à la vie politique (être vereador/deputado, quem sabe?Â

) et associative (créer ma propre ONG), etc.
Adopter une autre nationalité n’est pas une démarche neutre. Je ne suis absolument pas chauvin, farouchement nationaliste ou résolument ancré dans la culture française, je le précise bien. Je pourrais très bien avoir franchi le cap, ou envisager peut-être une autre nationalité, cela ne me poserait pas de problème de fond. Mais, à la longue, j’avoue que prendre celle du µþ°ùé²õ¾±±ô, où pourtant j’aime vivre, où j’ai des attaches fortes, où j’envisage même d’y mourrir (le plus tard possible), et dont j’aime la variété des cultures, des paysages et des types humains, ne m’a pas fait vibrer plus que ça. Peut-être est-ce dû au fait qu’en prenant la nationalité brésilienne, on désiste de la sienne (et surtour des drois afférents). C’est-à -dire que l’on devient brésilien « pour le meilleur et pour le pire »Â

; que l’on accepte de ne se référer qu’à sa seule nationalité brésilienne pour quelque acte de responsabilité que ce soit sur le sol brésilien. Dans les circonstances actuelles - et qui déjá se dessinent depuis quelques années - peut-être est à cause de ce « pire » que je n’ai pas franchi le cap. Beaucoup de violence, d’insécurité dans tous les domaines, beaucoup de corruption, d’injustice sociale, des problèmes de santé, emploi, justice et éducation +++. Probablement est-ce cela qui ne m’a pas trop incité à devenir « brésilien pour le meilleur et pour - surtout - pour le pire »… Dans le cas du « pire », il est toujours bon d’avoir une porte de sortie ou de pouvoir (sans se faire beaucoup d’illusions) solliciter la diplomatie française (qui, dans les cas de mouise se révèle très très limitée…).
Et puis, au fond, c’est assez bon (quoique fatigant parfois) d’être étranger quelque partÂ

. Ça permet de toujours questionner ce qui paraît aller de soi, « être normal » chez soi et chez les autres… Il y a une tension dans le fait d’être étranger (choisi et assumé, cela va de soi… il serait absolument sordide/pervers de comparer cela avec la situation de millions de personnes qui n’ont absolument pas choisi d’être « étrangère »!) qui ne me déplaît pasÂ

…