Je suis en train de mettre mon PC en d茅sordre et voici l'article d'un journal de 2008. La situation a-t-elle chang茅 ?
鈥
鈥
Un article int茅ressant 脿 ce sujet : Parut dans la presse malgache.
Deux jeunes femmes patientent devant le cybercaf茅 en attendant qu'un ordinateur se lib猫re. Tous les postes sont occup茅s par des habitu茅es.
Plusieurs fois par semaine, elles viennent ici, dans le quartier de Madahouf, 脿 la p锚che au "Vazaha", l'homme blanc.
Et 莽a marche : le consulat de France 脿 Diego Suarez, qui marie entre 150 et 200 couples franco-malgaches par an, constate que les trois quarts des 茅poux ne se sont jamais vus ou se connaissent 脿 peine avant d'entamer les d茅marches.
Malgr茅 la lenteur des connexions et les coupures d'茅lectricit茅, il y a aujourd'hui une bonne dizaine de cybercaf茅s 脿 Diego Suarez, ville de 80 000 habitants au nord de Madagascar.
Toute la journ茅e, elles d茅filent. Certaines viennent tous les jours, d'autres deux ou trois fois par semaine, s'amuse Michel Tambaza, le propri茅taire d鈥檜n cybercaf茅, m锚me quand il fait tr猫s chaud et que ma boutique se transforme en cyber sauna, elles sont l脿.
Moi, je n'y croyais pas, mais depuis 2006, j'ai cinq copines qui sont parties en France. Alors je continue 脿 chercher, m锚me si pour le moment je n'ai rien trouv茅. Ici c'est trop dur, je veux partir", explique Amina, 22 ans.
Sur les sites de rencontres, elles sont des milliers de jeunes Malgaches 脿 chercher l'homme blanc qui les emm猫nera loin de la mis猫re. Avec ou sans photo, elles se d茅crivent quasiment toujours avec les m锚mes qualificatifs : elles sont "souriantes", "timides" et "r茅serv茅es. Nous, les Malgaches, on est tr猫s s茅rieuses, on cherche des relations s茅rieuses", assure Amina.
Claudine, une autre cliente, acquiesce : "On ne veut pas des gars pas s茅rieux, moi je veux me marier, partir d'ici, le reste 莽a ne m'int茅resse pas."
Aujourd'hui, assure Michel, 90 % des pages consult茅es dans mon cyber sont sur des sites de rencontres. " Le classique Meetic, [lien en attente de validation] et Eurochallenge" figurent parmi les plus populaires. Sur l'un d'entre eux, la r茅partition par ville malgache place Diego Suarez largement en t锚te, avec 153 candidates. Plus qu'脿 Tamatave (121 inscriptions), autre ville
c么ti猫re pourtant deux fois plus peupl茅e. Et, proportionnellement, dix fois plus que dans la capitale, Antananarivo. La consultation d'autres sites de rencontres aboutit au m锚me constat : Diego Suarez est quasiment toujours en t锚te du nombre d'inscriptions.
Consid茅r茅e comme la plus fran莽aise des villes malgaches, Diego Suarez a toujours 茅t茅 r茅put茅e pour ses unions mixtes. Pass茅e sous le contr么le de la France en 1885, la ville prit de l'importance gr芒ce 脿 l'installation de la marine fran莽aise, d'un arsenal et de plusieurs casernes. La L茅gion 茅trang猫re ne la quitta qu'au milieu des ann茅es 1970. Elle a gard茅 une allure de ville coloniale sur le d茅clin. Les avenues ne sont plus 茅clair茅es que par quelques rares lampadaires, les rues sont d茅fonc茅es, les b芒timents coloniaux 茅ventr茅s,
Diego est un vaisseau fant么me de la colonisation 茅cras茅 par le soleil.
Ceux qui sont pass茅s ici, coop茅rants, militaires, p锚cheurs, en gardent un souvenir 茅mu. Certains reviennent y couler une retraite tranquille : ici, un RMIste est riche. "Il y a beaucoup de jeunes retrait茅s des "r茅gimes sp茅ciaux" encore plein d'茅nergie, mais aussi des plus vieux, divorc茅s ou veufs, ou jamais mari茅s, qui 茅chouent 脿 Diego. Ils restent rarement seuls tr猫s longtemps, raconte Fran莽ois Frankel, le consul de France, qui s'amuse d'un proverbe local :"Si un homme descend seul la rue Colbert 脿 pied, il la remonte toujours 脿 deux."
Personne, pourtant, n'emploie le mot de prostitution. Les dizaines de filles qui arpentent la rue Colbert, l'art猫re la plus anim茅e de la ville, d猫s la nuit tomb茅e, et parfois m锚me dans la journ茅e, cherchent non pas un client mais un "copain", en esp茅rant qu'un jour l'un d'entre eux les 茅pousera. "C'est pour 莽a qu'on pr茅f猫re les vieux, les jeunes ils ne sont pas s茅rieux", commente Amina. Sur Internet, les filles, 芒g茅es de 18 脿 30 ans, cherchent des hommes de 35 脿 65 ans, parfois m锚me jusqu'脿 77 ans... "Les vieux ils ont plus d'argent", l芒che cr没ment Cindy, 23 ans, qui vit avec un 贵谤补苍莽补颈蝉 de 54 ans. En ajoutant, plus romantique : "Les Blancs sont plus gentils, plus doux que les hommes malgaches."
Le march茅 local n'est pas suffisant pour satisfaire toutes les demandes de mariage. "En plus, on n'aime pas trop les Zanatany (les 贵谤补苍莽补颈蝉 n茅s 脿 Madagascar ou install茅s sur l'卯le depuis longtemps), ils sont tropicalis茅s, ils ne sont pas mieux que les hommes malgaches", affirme Claudine. Des tactiques ont donc 茅t茅 mises au point pour trouver un "corres", un correspondant.
D'abord, le r茅seau de Malgaches d茅j脿 install茅es en France est 脿 l'aff没t pour les s艙urs, cousines ou amies rest茅es au pays. "Pendant longtemps, elles ont aussi utilis茅 les petites annonces des journaux, en particulier des magazines comme Le Chasseur fran莽ais", raconte le consul. Internet a ouvert un nouveau terrain de chasse. "Elles y laissent des fortunes. Je me demande comment elles font pour d茅penser autant en connexions, reconna卯t Michel Tambaza,
dont le commerce prosp猫re. Au minimum, elles me laissent 4 800 Ariary par visite (2,4 euros), c'est 茅norme quand on sait que le salaire moyen est de 80 000 Ariary (40 euros)."
Impossible de savoir combien de jeunes filles sont parvenues 脿 trouver un conjoint sur Internet. Mais les services du consulat sont formels : elles sont de plus en plus nombreuses.
Toutes les internautes rencontr茅es dans les cybercaf茅s de la ville connaissent au moins une jeune femme qui a quitt茅 le pays gr芒ce 脿 une rencontre sur la Toile. D茅sormais, le pr茅tendant fran莽ais doit obligatoirement se rendre sur place.
"脟a 茅vite de bien mauvaises surprises, explique le consul. Les futurs mari茅s ont un entretien. On essaie de les mettre en garde. Mais les hommes sont tous amoureux, et ils sont surtout convaincus que leur fianc茅e, qui a vingt ans de moins, n'est pas comme les autres, qu'elle les aime sinc猫rement."
Veloma,
JP le vieux vazaha