J'ai souri parce que ça me rappelle des souvenirs à moi aussi!
Quand j'ai lu ici que pour exporter du µþ°ùé²õ¾±±ô c'était facile alors que pour importer c'était la croix et la bannière, j'ai traduit mentalement: "pour exporter c'est la croix et la bannière, pour importer c'est douze croix et trois bannières"
Je garde un souvenir ému de ce conteneur qui devait embarquer sur le cargo qui partait trois jours plus tard et qui l'a raté, à cause dans un premier temps d'un carimbo qui manquait, puis dans un second temps de l'assinatura do responsavel... lequel me l'a proposée au moment pile où le rafiot levait l'ancre. Deux semaines de frais de consigne pour ma pomme.
Trêve de plaisanterie... Si on ne parvient pas à s'y faire, autant laisser tomber mais sinon, il faut serrer les dents. "Fica tranquil", comme on dit au µþ°ùé²õ¾±±ô pour te calmer, juste avant de t'annoncer une merde, ou quand tu viens de la découvrir.
Ma thérapie à moi, c'était de jeter tout mon venin dans une longue tirade assassine en compagnie d'autres victimes... On faisait la liste, on vitupérait, et puis on allait sur le front du fleuve de Belém, bouffer deux ou trois "lagostas" en sirotant des caïpirinhas suivies de bières. Les blogs n'existaient pas... C'est pour ça que je parlais de thérapie.
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C'est ce que pas mal d'investisseurs potentiels oublient au µþ°ùé²õ¾±±ô dans leurs prévisions. Ils mettent en balance les recettes potentielles, rarement sous évaluées d'ailleurs, les charges logiques qui se comptabilisent bien, les salaires du personnel encore très bas quand il est peu qualifié et ils tablent sur une marge bénéficiaire des plus honnêtes.
Ils oublient tous ces petits grains de sable qui font qu'à l'ouverture de la société, le capital est immobilisé un certain temps avant de rapporter,
qu'une voiture sur laquelle on compte à 95% de son temps ailleurs, ici ça peut être 60% parce qu'elle est immobilisée pour les raisons décrites ci-dessus (l'accident qui prive le loueur de jours, voire de semaines de location, l'attente de la plaque, d'un papier du Detran, etc.),
les jours passés en démarches administratives qui de ce fait ne le sont pas en prospection commerciale,
la nécessité de faire des vérifications croisées perpétuelles à cause du coulage impressionnant dans les boîtes (un copain qui tient une pousada m'a dit qu'il avait dû mettre le holà vis à vis du café da manha: avec ce qu'il devait acheter en fournitures pour le servir, il aurait pu nourrir 100 clients, or il n'en avait jamais plus de 50, idem avec le service de blanchisserie: il a dû mettre au point tout un service de rotation de ses femmes de ménage pour qu'elles ne rencontrent pas le même client plus de 48h à la fois afin d'éviter qu'ils ne traitent directement avec elles),
la mauvaise qualité des infrastructures qui par exemple (on est dans le secteur bagnoles ici) va bousiller des pneus trois fois plus vite: il faut intégrer ça dans le calcul du prix de revient; plus grave, les innombrables contrefaçons dont il faut se méfier comme de la peste parce que dans le meilleur des cas elles provoquent une panne, mais souvent, c'est un accident grave (à Belém, un réseau faisait un trafic de plaques de frein à un prix défiant toute concurrence... elles étaient en foin ultra-compressé; vous avez bien lu: "en foin"!)
Un autre exemple qui explicite ce manque de productivité nette quand la productivité brute devrait être considérable. Un collège privé, en Europe, fonctionne peu ou prou avec 10 enseignants pour 1 membre du personnel administratif. Au µþ°ùé²õ¾±±ô le ratio est plutôt de 3 pour 1...
Bon à côté de ça, ils vivent à João Pessoa, une des villes que je classe parmi les plus sympas du µþ°ùé²õ¾±±ô: il y fait presque toujours beau, l'air est pur, les plages sont belles, le patrimoine est riche, la sécurité, à l'aune brésilienne, ça va, etc.
De quoi profiter de ses loisirs, mais en raison de tout ce que j'ai décrit en plus de tout ce qu'ils racontent... Je doute qu'ils aient beaucoup de loisirs!